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Garages et succursales ... quel avenir?, par Régis
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A partir des années 70 avec le « tout voiture », les lieux de ventes ne peuvent plus être contraints dans des centres-villes; il faut s’installer sur les grands axes routiers, en dehors des centres, et avec de l’espace. Les agences de communication et de publicité ont pris la place des agences d’architecture et désormais, on parle de concept et non d’architecture. Cette dernière doit même s’effacer pour laisser la place à un message facilement reconnaissable (l’acheteur de voiture doit être débile?) ou un code couleur bien identifiable (pour les plus débiles!) : le blanc et le rouge pour notre marque à chevrons, le jaune et le gris pour celle au losange, etc. Et si les garages existants (à la pureté architecturale qu’un rien déséquilibre!) veulent continuer de survivre, ils doivent se plier à ces chartes, ou plutôt se maquiller (comme un garage volé? ND DRD)...
Le nouveau concept du garage-concession se développe avec une telle force, qu’aujourd’hui on ne connaît presque plus que ce type de magasin, car c’est bien le mot à utiliser: magasin; calé entre une grande surface et un vendeur de savates bon marché, ces garages dont la qualité architecturale est digne du rejeton de l’union d’une boite à chaussure et d’une bouche d’égout, sont censés nous donner l’envie d’acheter une voiture en plastique au prix d’un crédit sympathiquement remboursable sur 5 ans dans le meilleur des cas (car au delà, la voiture se bio dégrade!!)…..
Quelques exemples navrants de ces « magasins »
L’histoire est en marche, et déjà elle a été cruelle avec ces superbes garages des années 30 ; un très grand nombre de ces fabuleux bâtiments a déjà disparu... Brest :
Amiens (Grand Garage de Picardie Ets Corroyer), qui avait de superbes détails architecturaux art déco
Perpignan
Sa-Sa-Sa-Sa Saïgon
D’autres ont eu au moins la chance d’être reconvertis: Evreux (aujourd'hui halle des expositions)
Le garage Marbeuf à Paris (reconverti en bureaux et méconnaissable)
Et enfin il y a ceux qui sont encore animés de leur affectation d’origine, comme Strasbourg
Bruxelles (plus d'infos sur ce lien)
Bruxelles qui, au passage, va bien illustrer ici le concept du maquillage: en retirant ces dernières années les lettres verticales Citroën (parce qu'elles ne rentrent pas dans la charte graphique), et en mettant en blanc ce qui était noir, on alourdit la structure.
ou encore bien sûr Lyon (avec plus d'infos sur ce lien)
Mais pour ce dernier, combien de temps restera-t-il encore en activité dans un quartier où l’exercice de la vente automobile est de plus en plus difficile (l’accès aux camions de livraisons pose problème, ils bloquent les rues à chaque déchargement…). Il est nécessaire de préserver ces fabuleux témoignages de l’histoire de l’automobile en France, et n’hésitons pas à se mobiliser lorsque ces bâtiments sont en danger! Néanmoins, terminons sur une note d’espoir! Le magasin des Champs Elysées, le C42, est une véritable exception, où l’on retrouve l’audace architecturale de Citroën associée à la technologie et la lumière ; mais attention, ne nous emballons pas, car ne serait-ce pas l’œuvre unique et personnelle d’une remarquable architecte, Manuelle Gautrand, qui a su se réapproprier tout un passé glorieux, et même le transcender dans un objet architectural d’aujourd’hui!? Le C42 aujourd’hui
Le C42 hier
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