L'ID19F Break Confort, par le Docteur Danche


Break confort, qui êtes-vous?

En 1959, au début de sa commercialisation, le break Confort est un peu à la recherche de son identité dans la gamme ID19F.

En effet, il a beau être richement fini (type DS ou ID confort: moquettes, sièges en tissu, lave glace), il n'est en fait pas vraiment modulaire, puisque sa banquette arrière ne se replie pas (contrairement au break Luxe, dont la banquette, certes bas de gamme puisqu'en plastique, est, elle, escamotable dans le plancher).

Au bout du compte, avec un break confort des premiers millésimes, on peut transporter des marchandises, certes, mais dans un espace sans commune mesure avec celui dégagé dans un break Luxe quand la banquette est repliée.

Et par ailleurs on peut transporter une famille nombreuse, mais les petits derniers seront sur les strapontins en quinconce dans le coffre du break, c'est à dire dans de bien moins bonnes conditions que dans une familiale (dont les strapontins sont face à la route).

Ce n'est que plus tard, à partir de Septembre 1963, que le break confort trouvera son identité et deviendra (et de loin) le modèle le plus vendu de la gamme ID19F: en effet, à cette date, pour les millésimes 64 et suivants, la banquette arrière type Confort devient elle aussi escamotable (elle perd d'ailleurs au passage son accoudoir).

 

Pré-lancement

Dès Septembre 58, un "break Luxe" (on ne sait pas encore à ce moment qu'il y aura aussi une version Confort) fait son apparition en avant-première dans les salons, avec l'ambulance, la commerciale et la familiale. Il a une sellerie plastique et est présenté comme "dérivé de l'ID Luxe".

 

 

Marketing (presse)

A cette époque, une petite série de photos de presse est faite avec un break gris palombe à Honfleur, au lieu dit "le vieux bassin", que je vous invite à visiter à l'occasion.

 

Lancement

Quelques mois s'écoulent, et en juillet 59, le break est annoncé au réseau par le courrier suivant:

l'annonce du break au réseau

Ce courrier annonce au passage que le break Confort sera plus cher que la verison Luxe (ce qui se justifie par sa finition, mais ne l'aidera pas non plus à bien faire sa place à ses débuts...), et qu'il a deux sièges avant séparés, autre distinciton avec la finition Luxe qui elle a une banquette. A l'usage, c'est vrai que deux sièges séparés permettent de mieux règler la longueur de jambes de chacun, et de ne pas subir les secousses quand le passager (ou la passagère) remue. On dira donc qu'en effet c'est un signe de confort.

Au passage, vous relèverez dans le courrier que le break confort a toujours une sellerie en tissu. Par contre, les strapontins dans le coffre sont quant à eux en plastique (en similoid rio très exactement, cette imitation de paille).

 

C'est quelque chose qui changera (sans doute en Sept 63?), et les strapontins du coffre deviendront alors en tissu assorti à celui des sièges.

Si vous vous intéressez aux caractéristiques des premiers modèles, je vous invite à suivre ce lien, je vous y présente le break confort ci-dessous, qui date d'Octobre 1959.

Et sur ce lien je vous présente ce modèle 1962.

Et ici je vous présente un break confort 1972 à conduite à droite.


Marketing opérationnel

En accompagnement de la commercialisation de 59, arrive le catalogue dit "des chasseurs", cette fois le break d'illustration est bleu monte-carlo, helanca bleu. Avec une certaine malhonnêteté, c'est une version confort sur les photos, alors que le catalogue est axé sur la version luxe en montrant la banquette rabbatue sur les schémas... En dernière page seulement on précise ce qu'est une version confort (et sans tout dire)...

(cliquez sur les images du catalogue pour les agrandir)

En Italie (voyez le plaque d'immatriculation spécifique), le marketing lorgne plus vers le côté "gentleman farmer".

 

Pour terminer, voici deux petites finesses sur les breaks confort pour coller vos amis:

Petite finesse 1 : la banquette arrière d'un break confort a-t-elle un accoudoir?

Posez cette question à un expert même chevronné, et il marquera un temps d'arrêt de chien de chasse.

Ce que l'on peut dire de la banquette arrière, c'est que:

  • La banquette arrière est fixe aux premiers millésimes.

  • Elle devient escamotable en option en Septembre 63: Voir le courrier
    On notera que ce courrier (comme d'ailleurs les catalogues d'époque) est assez ambigü: à le lire, on a l'impression que l'option banquette fixe n'est plus du tout possible sur break confort. Cependant les tarifs sont formels, la banquette peut rester fixe et voici à l'appui le tarif 1966, par exemple.

  • Elle devient escamotable en standard à partir d'Avril 70.

Et je vais prendre un petit risque de dire une bêtise (vous m'écrirez pour me dire si c'est le cas), mais pour moi, la règle c'est:

si elle est escamotable, elle n'a pas d'accoudoir.
si elle n'est pas escamotablee, elle a un accoudoir.

Ici un break Confort 67 à banquette escamotable.


Petite finesse 2: sur un break confort, sièges avant séparés ou banquette?

On a vu qu'à leur lancement, les breaks Luxe ont une banquette à l'avant, tandis que les breaks Confort ont des sièges séparés.

Mais les sièges séparés sur un break confort, est-ce là une règle qui perdure sur toute la durée de production? Est-on sûr qu'il n'y en avait pas avec banquette?

Posez cette question à un Citroëniste blanchi sous le harnais, il hésitera un moment, puis se rappellera immanquablement "le break de mon pote Fougnasse, du côté de Chateaugourbi, il avait pourtant bien une banquette à l'avant! Et c'était un break Confort!"

La réponse à cette question méritait donc d'être documentée: en fait, la norme, c'est bien les sièges avant séparés, mais banquette avant apparait en option sur break confort en Octobre 61:

Et voici dons les deux possibilités qu'on peut trouver (ici illustrées sur les sièges de la période 65-68, sur 69 et suivants je n'ai jamais vu)