<Tribune Libre>
Mon tiercé, par Laurent G
Alors voilà, si je gagne au loto, quelles ID/DS je m’achète
aujourd'hui sur catalogue
d’époque, sans tenir compte de la disponibilité ou
du prix d’achat…
La question est difficile, les spécificités de
chacune des versions présentent des
attraits, et il faut bien se décider. Sans compter cet incontournable
nuancier, ouvrant la
porte à une quantité de teintes et garnitures intérieures
qui rendent le choix cornélien…
L’exercice est délicat (mais amusant), et je vous invite à le
faire !
Je me lance, voici mon tiercé, plus ou moins dans l’ordre évidemment,
mais en tenant
compte une fois l’acquisition faite, de l’usage et
des contraintes de l’entretien de la belle
aujourd’hui. Il n’y aura donc pas de DS 19 champagne
de novembre 1955…
La meilleure pourrait-être, je pense, une DS 21 boite à commande
hydraulique de 1969.
La finition Pallas est évidemment un plus à choisir
ici. Pourquoi 1969 ? Parce qu’elle
dispose des toutes dernières améliorations concernant
la mécanique (moteur
notamment), améliorations cosmétiques (sièges
et commandes du tableau de bord). Et
puis aujourd’hui pas besoin de l’injection, très
agréable quand ça marche, mais qui rend
tout de même l’entretien globalement plus compliqué.
Bref, la DS 21 Pallas 1969 est une
version haut de gamme parfaitement aboutie ! Une 70 ou 71, toujours
ancien volant et
poignées extérieures non encastrées, serait à peu
près la même, à l’élégance
du tableau
de bord près. Le principal problème est de choisir
la teinte et le garnissage intérieur en
cette année 1969. J’élimine d’emblée
le cuir, qui manque de fantaisie et reste très
commun dans une Pallas. Ici mon choix se fait par élimination,
et ne restent pour la
carrosserie dans ce tri, que le gris Kandahar et le vert charmille.
Et puisqu’il faut se
décider, le gris Kandahar fera l’affaire, avec
pavillon noir et Rhovyline vert jura.
Il convient à mes yeux de retenir en deuxième place
un modèle plus ancien, à
l’ambiance datée. Ce sera une simple ID 19 confort
premier nez, avec son premier
tableau de bord. Une ID 19 des origines, ou s’en approchant.
Soyons raisonnable
cependant, les freins et la direction assistée, en option
seraient un plus, ce qui nous
met sur un modèle 62. Restons classique et dans l’air
du temps, je la prends noire avec
intérieur Hélanca bleu. J’aurai pu la prendre
bleu pacifique, mais ce bleu est trop
prononcé pour moi. Noire ou bleue, c’est tout à fait à l’image
que je me fais d’une ID 19
de cette époque, et que l’on voit en grande quantité sur
les anciennes cartes postales…
La dernière, que j’aurai d’ailleurs pu placer
première selon l’humeur du moment, sera
une DS confort de la grande époque, de celles que l’on
voit souvent dans les films bien
Français, et que l’on s’imagine comme la grande
routière non encore concurrencée par
les grosses berlines allemandes. Pourtant elle n’existait
encore ni en Pallas ni avec la
grosse motorisation 21. Disons un modèle 1964 à boite à commande
hydraulique,
attirante aujourd’hui à travers ses anciens essuie-glaces
non parallèles, ses grandes
roues de 400 étroites à serrage central, et surtout
sans phares boule additionnels ! Bref,
une DS 19 nature, toute simple, proche des origines, pas encore
modernisée côté
mécanique, mais déjà bien fiabilisée,
peu nerveuse mais vraiment emblématique de
son époque. Celle-là sera dans un très joli
blanc carrare, toit aubergine, tissu Jersey
Rhovyline rouge carmin. J’aurai presque pu choisir
un brun Isard, car on le voit quand même
bien souvent, ce blanc carrare…
De toute façon, même en y mettant les moyens, il
est bien difficile de trouver le modèle
exactement désiré, mais parfois les hasards faisant
bien les choses, certains modèles
auxquels on ne pense pas au départ peuvent être fort
désirables. Mais j’envie ceux qui
peuvent se permettre d’acheter un modèle à restaurer
et de le refaire à leur goût en
termes de peinture et d’habillage, en respectant évidemment
les tables de l’époque
considérée.
En ce qui me concerne, ne jouant ni au loto ni au tiercé,
la question ne se pose pas, je
reste avec ma DSuper 71, ce qui est déjà très
bien… mais c’est tellement beau de rêver !
LaurentG
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